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Janice, 66 ans, Ontario

J’ai reçu mon agneau Lammie pour Noël, l’année de mes trois ans. En juin de l’année suivante (1938), on demanda à ma mère si elle me permettait de monter sur un char pour la parade annuelle de la St-Jean-Baptiste. Je devais être un ange sur le même char que le jeune garçon qui incarnait Jean-Baptiste. Ils lui demandèrent aussi s’ils pouvaient emprunter mon agneau pour que le jeune garçon puisse le prendre dans ses bras.

Quel honneur! Étant anglo-protestante dans la ville à majorité catholique et francophone de La Tuque (Québec), de telles invitations étaient exceptionnelles! J’étais folle d’excitation à l’idée de parader avec les fanfares et les Zouaves dans leurs costumes excentriques, et d’être un ange aux côtés de St Jean même!

Et le costume! Une robe et d’immenses ailes blanches et une auréole d’argent. C’était trop! Mon agneau prit part à la parade, moi pas. J’étais inconsolable. J’ai versé des larmes, j’ai supplié, mais ma mère fut catégorique : j’étais trop jeune, ça ne convenait pas, je ne pouvais pas y aller.

Le prix de consolation fut de prendre une photographie. J’ai porté la robe blanche, les ailes, mais hélas, je n’ai pas pu mettre l’auréole.

Mon agneau s’est promené, triomphant, sur le char principal et le voici, 63 ans plus tard, un peu usé mais toujours chéri.



SOUVENIRS D'ENFANCE

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