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Museée de l'Amérique francophone

Expostions et espaces découvertes

RÉVÉLATIONS. L’ART POUR COMPRENDRE LE MONDE

Révélations artistiques, symboliques et historiques


Tabernacle
Tabernacle
François-Noël (1703-1794) et Jean-Baptiste-Antoine (1717-1775) Levasseur
1757-1758
Bois doré
Commandé à l’atelier des Levasseur en 1757
Restauré par le Centre de conservation du Québec
1994.37626
Photo : Nicola-Frank Vachon

Reliquaires de saint Jean et de saint Luc
Reliquaires de saint Jean et de saint Luc
Louis Jobin (1845-1928)
1894
Bois doré, textile, ossements, verre
Commandé à l’artiste en 1894
Photo : Nicola-Frank Vachon

La collection d’œuvres d’art de Joseph Légaré
La collection d’œuvres d’art de Joseph Légaré
Photo : Nicola-Frank Vachon

La Sainte Face
La Sainte Face
Claude Mellan (1598-1688)
1649
Burin sur papier vergé
1993.29725
Photo : Nicola-Frank Vachon

Travailleuse canadienne
Travailleuse canadienne
Alfred Laliberté (1878-1953)
Entre 1908 et 1920
Bronze
Donné par l’abbé Henri Beaudé en 1920
1991.1620
Photo : Nicola-Frank Vachon

Le Vieux Pionnier ou le Père Esdras Cyr
Le Vieux Pionnier ou le Père Esdras Cyr
Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté (1869-1937)
1911
Plâtre
Donné par l’abbé J. Édouard Côté en 1957
1991.1500
Photo : Nicola-Frank Vachon

Réalisée par le Musée de la civilisation pour célébrer le 350e anniversaire du Séminaire de Québec, l’exposition Révélations. L’art pour comprendre le monde porte ce titre pour des raisons très éloquentes: révélations de pièces méconnues de notre patrimoine, révélations de contexte particulier de création et d’acquisition, révélation d’une extraordinaire collection qui, grâce aux actions des prêtres du Séminaire de Québec, a contribué à ouvrir la société québécoise sur le monde et ainsi participé à son émancipation culturelle. Présentée au Musée de l’Amérique française jusqu’au 30 août 2015. Une collaboration de l’Hôtel Château Laurier Québec, hôtel officiel du Musée de l’Amérique francophone.
Révélations. L’art pour comprendre le monde
offre un panorama tant stylistique qu’historique grâce à plus d’une centaine d’œuvres tirées de la collection des prêtres du Séminaire, qui compte environ 900 peintures européennes et canadiennes, près de 25 000 œuvres sur papier, une centaine de sculptures et plus de 1 000 pièces d’orfèvrerie.

Le Musée de la civilisation est le gardien des collections des prêtres du Séminaire de Québec depuis 1995. Le directeur général de l’institution muséale nationale, M. Michel Côté, ne tarit pas d’éloges pour ces prêtres qui, grâce à leur dynamisme et leur vision avant-gardiste, ont eu un impact indéniable sur le développement et la diffusion des arts au Québec et au Canada. Selon lui « cette exposition est une occasion unique d’avoir accès à des trésors nationaux méconnus dont plusieurs demeurent de véritables pièces de référence en terme de techniques picturales, d’esthétisme ou d’histoire. Cette collection est encyclopédique à de nombreux égards ».

Pour sa part, monsieur le chanoine Jacques Roberge, supérieur général du Séminaire de Québec, a tenu à souligner que « les collections du Séminaire sont un véritable trésor patrimonial constitué notamment d’œuvres d’art, d’orfèvrerie, d’archives, de livres rares et anciens ainsi que d’instruments scientifiques. Ces collections, si riches soient-elles en elles-mêmes, nous permettent de découvrir une plus grande richesse encore, celle de l’histoire du Séminaire, de ses 350 ans de vie au service de l’Église et de la population québécoise. L’ampleur et la diversité de ces collections nous permettent également de nous émerveiller devant les qualités intellectuelles, le travail colossal et le dévouement inlassable de ces prêtres savants, entièrement consacrés à leur métier d’enseignant et d’éducateur. »

Une collection pour la dévotion
Le culte et la dévotion sont les raisons premières expliquant l’arrivée d’œuvres d’art au Séminaire. L’exposition se devait donc de débuter en présentant des œuvres phares de cet inestimable patrimoine religieux. La toute première œuvre à se révéler est une peinture attribuée au peintre français Jean Restout (1692-1768), Le Repos de la Sainte Famille durant la Fuite en Égypte, offerte en 1752 par le Séminaire des Missions étrangères de Paris.

Par la suite défilent de magnifiques sculptures de Thomas Baillairgé, de Pierre Émond et de Louis Jobin, des pièces d’orfèvrerie raffinées de Guillaume Loir et de François Ranvoyzé, ainsi que le spectaculaire tabernacle commandé en 1757 par les prêtres du Séminaire à l’atelier des Levasseur. Cet atelier était l’un des premiers et des plus importants en Nouvelle-France. Véritable pièce de référence, cinq autres versions du tabernacle ont été sculptées pour des paroisses de la vallée du Saint-Laurent. Sa présentation dans l’exposition est une première puisqu’il a séjourné plusieurs années au Centre de conservation du Québec pour une minutieuse restauration.

Une collection pour la formation
La seconde partie de l’exposition dévoile le 19e siècle comme étant une période charnière dans le développement des collections beaux-arts du Séminaire, notamment grâce aux voyages d’études, d’agrément et de fonction que font plusieurs prêtres en Europe et à l’acquisition de la collection d’œuvres d’art de l’artiste Joseph Légaré (1795-1855) en 1874. Cette dernière action a donné le coup d’envoi à la création, dès l’année suivante, de la Pinacothèque de l’Université Laval, premier musée universitaire d’art au Canada.

La présente mise en valeur est l’occasion de montrer au public six peintures remarquables issues du fonds de tableaux des abbés Philippe-Jean-Louis et Louis-Joseph Desjardins. Rescapées des saisies révolutionnaires en France et envoyées à Québec entre 1817 et 1821, ces œuvres d’art européen ont eu un impact important sur la formation et l’inspiration des artistes canadiens du 19e siècle tels que Joseph Légaré. Par exemple, la comparaison de son tableau La Vision de saint Roch, conçu vers 1825, pour l’église de L'Ancienne-Lorette, avec celui du peintre flamand Matthias Stomer, Élie jetant son manteau à Élysée, peint au 17e siècle, permet de constater la finesse de son art de la copie et de ses emprunts iconographiques.

Quelques pièces rares et fragiles sont ici presque « révélées » au public, leur présentation étant exceptionnelle dans l’histoire du Musée. La Sainte Face de Claude Mellan (1598-1688) est considérée comme une prouesse technique et un chef-d'œuvre digne d’un des grands maîtres de la gravure européenne. En un seul trait de burin taillé de façon concentrique, l’artiste réussit à tracer, dans ses détails les plus fins, le visage du Christ imprégné sur le voile de sainte Véronique.

La muséographie de la dernière partie de l’exposition rappelle l’émergence et surtout la reconnaissance des artistes tels Joseph Légaré, Antoine Plamondon, Théophile Hamel, Alfred Laliberté, James Pattison Cockburn, Ozias Leduc, Maurice Galbraith Cullen et Jean Paul Lemieux. Elle rappelle d’ailleurs l’aménagement de cette Pinacothèque, où se succèdent de courtes cimaises supportant toiles et, au bout de chacune d’elles, trône une sculpture.

Grande réputation, grandes donations
La solide réputation du Séminaire et de son musée de peinture attirent les donations et les legs par succession de très grande qualité comme celle de Geneviève Cramail, qui offre au Séminaire quelques centaines de gravures européennes rares et précieuses parmi lesquelles figure une gravure sur bois d’après Rubens, Suzanne et les vieillards, reconnue aujourd’hui comme l’une des dernières issue de la tradition baroque. Au registre des peintures, le public peut admirer des toiles telles La Gourmandise, attribuée à l’artiste flamand du 17e siècle Jacques de l’Ange. Cette œuvre fut achetée par monseigneur François Pelletier pour le Musée de peinture, alors qu’il était recteur de l’Université Laval. Son intérêt pour l’art l’amène plus tard à devenir le premier conservateur de ce musée.

Une autre donation très significative est celle de l’abbé Édouard Côté, frère de l’artiste Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. Il offre, en 1957 et 1966, au Séminaire environ 200 objets provenant de l’atelier de son frère. Les œuvres d’art, esquisses, photographies, meubles et objets personnels de cette collection permettent de retracer les procédés artistiques, la démarche créative et les moments importants de la vie de ce grand artiste québécois qu’est Suzor-Coté.

Ermites de la Thébaïde
: révélations par la restauration
La restauration est essentielle dans le processus de conservation des objets au sein de la collection nationale. En plus de redonner du lustre aux œuvres, elle permet de révéler certains secrets. C’est le cas de la grande toile de Laurent Guillot (1756-1806) Les Ermites de la Thébaïde qui, au moment de son installation dans la chapelle extérieure du Séminaire, fut divisée en deux tableaux distincts. Sa récente restauration a non seulement permis de réunir les deux parties de l’œuvre, de la nettoyer afin de mieux l’apprécier, mais elle a aussi permis de découvrir la signature de l’artiste et la date de production.

Carnet de visite pour une mise en valeur maximale
Afin de laisser toute la place aux œuvres, les concepteurs de l’exposition ont choisi de transmettre l’information détaillée des œuvres d’art par le biais d’un carnet remis au visiteur à l’entrée de la salle. Ce qui donne toute la place à de belles révélations!

Tout un pan de notre patrimoine historique et artistique se dévoile dans l’exposition Révélations. L’art pour comprendre le monde au Musée de l’Amérique francophone, 2, côte de la Fabrique, Québec. L’exposition se poursuivra jusqu’au 30 août 2015.

Relations de presse : Agnès Dufour,
Téléphone : 418 528-2358 ? Courriel : adufour@mcq.org


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