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Maison Chevalier
Maison Chevalier

La Maison historique Chevalier

La maison de Jean-Baptiste Chevalier
Ce qui donne son véritable caractère à ce groupe de bâtiments, c’est la maison que fit construire Jean-Baptiste Chevalier en 1752. En choisissant, comme lieu de résidence et de commerce, cet emplacement autrefois occupé par l’arquebusier Jean Soulard, Chevalier, armateur et négociant originaire du Bourbonnais, s’assurait un accès immédiat au fleuve et à l’Anse-aux-Barques. Cette dernière, parfois aussi appelée « baie du Cul-de-Sac », était un des points névralgiques des activités portuaires qui ont tant marqué l’histoire de Place-Royale.

L’ensemble Chevalier occupe une place importante et particulière dans le patrimoine architectural québécois. D’abord, le style de la maison, d’inspiration classique française, rend bien compte de l’architecture urbaine en Nouvelle-France. Celle-ci est, entre autres, caractérisée par la présence des murs coupe-feu, des hautes cheminées et des caves voûtées.

Ce bâtiment se distingue, par contre, des maisons voisines par son aspect monumental, caractère accentué par sa forme particulière. En effet, le plan et les élévations de la construction ne sont pas symétriques et suivent en cela la configuration du terrain. Celui-ci était, à l’origine, la grève de l’Anse-aux-Barques et l’utilisation des quais adjacents n’est pas étrangère à la forme qui fut donnée à l’œuvre du maçon Pierre Renaud.

D’abord ravagé par un incendie, puis reconstruit en 1762, ce que l’on désigne parfois sous le nom d’Hôtel Chevalier continua d’être occupé à des fins commerciales sous le Régime anglais. En 1807, la maison fut louée par son propriétaire, George Pozer, à un aubergiste qui fit inscrire sur la façade les mots London Coffee House. C’est sous cette appellation que fut connue la maison Chevalier jusqu’au début du XXe siècle.

Matériaux de construction et particularités
La maison Chevalier fut construite avec trois types de pierre. Les murs furent faits de pierre dite de l'Ange-Gardien. Il s’agit d’un grès dont la couleur varie du gris au brun rouille et qui se débite aisément en bloc. Le contrat de construction du 20 mars 1752 stipule que la pierre de Beauport, une pierre calcaire, servit à élever les voûtes où se trouve un puits datant d’une époque antérieure. La pierre de la Pointe-aux-Trembles, également calcaire mais dont le grain plus gros facilite la taille, fut utilisée pour faire les ouvertures des portes et des fenêtres.

Les bois utilisés dans la construction des maisons étaient de diverses essences au XVIIe siècle mais vers 1750, c’est le pin blanc qui sert le plus souvent, notamment pour les charpentes, planchers, toits et plafonds. Le bardeau de cèdre fut souvent utilisé pour recouvrir les toits. Ceux-ci étaient aussi recouverts plus simplement de planche, ou plus judicieusement d’ardoise ou, comme pour la maison Chevalier, de tôle selon une méthode qu’aurait expérimentée l’ingénieur Chaussegros de Léry, vers 1742.

Enfin, il faut noter qu’il existe de grandes différences entre l’aspect actuel de la maison et son état d’origine. À titre d’exemple, signalons que les murs ne sont pas recouverts de crépi ainsi que le contrat de construction le stipulait. Plus remarquable encore, la majestueuse façade actuelle, orientée vers le fleuve Saint-Laurent, n’était à l’origine que l’arrière de la maison. Quoique ne relevant pas de l’authenticité historique, ce détail contribue à accentuer l’aspect monumental recherché lors de sa restauration.

La Maison historique Chevalier, jumelée à ses deux voisines, est aujourd’hui propriété du Musée de la civilisation qui y présente des expositions thématiques.

Horaires et coûts


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